L'histoire fantasmagorique de la mannequin qui voulait embellir la ville

aurore morisse

Aurore Morisse a été mannequin à 16 ans, entre Paris et Milan, elle a joué dans des clips vidéo, travaillé dans la communication à Bruxelles, vécu mille vies en réalité avant de revenir se poser à Liège, où sans jamais cesser de poser, elle a repris les rênes de l'entreprise familiale, et tant qu'à faire, de tout le quartier. 


Elle est comme ça Aurore. Une tornade, un éclair, un feu follet. Et une claque retentissante à ceux qui voudraient la voir rentrer dans un moule formaté. Parce que forcément, une mannequin, ça se doit de n'être rien de plus qu'un cintre glorifié. Elles sont déjà si belles, elles ne peuvent pas avoir de l'esprit en plus, si? Et d'ailleurs, elles n'ont pas non plus d'appétit, forcément, sinon elles ne rentreraient jamais dans leurs vêtements. Faux, faux, archifaux.

aurore morisse

Aurore, elle, a un appétit dévorant. De lecture, de découvertes, de voyages, de rencontres, et surtout de projets. Elle donne rendez-vous chez Dolci's, à quelques pas de chez elle, et elle vient ici en habituée, vantant avec gourmandise les mérites du petit-déjeuner maison qui mêle oeuf sur le plat et viennoiseries. S'affamer? Surtout pas. Même si s'entendre dire à l'orée de l'adolescence qu'elle était trop petite et que ses jambes étaient trop épaisses pour qu'elle puisse espérer percer dans le mannequinat n'a pas été facile à encaisser. Un coup dur parmi tant d'autres qu'elle raconte avec une honnêteté désarmante dans "Si j'étais moi", un livre-entretien réalisé à quatre mains avec le photographe liégeois Rudy Lamboray.

grenier de walesa

aurore morisse

Aurore dévore son petit-déjeuner, les projets, et elle croque la vie et la ville depuis son retour à Liège. Après quelques tumultes dans sa vie personnelle, elle se dit heureuse et apaisée d'avoir trouvé l'amour et de s'être installée dans une charmante maison où elle s'est empressée de recouvrir la terrasse de plantes. Le bonheur, pour elle, c'est "profiter avec son mec", ce qu'elle fait dès que son emploi du temps le lui permet, ce qui est moins souvent qu'elle le souhaiterait.

grenier de walesa

Parce qu'en plus d'écrire un livre et de continuer à poser aux quatre coins de l'Europe ("mon physique est très demandé en Allemagne et dans les pays nordiques"), Aurore a décidé de dépoussiérer le Grenier de Walesa, la boutique d'antiquités lancée par ses parents et dont la vitrine colorée aux allures de cabinets de curiosité ne manque jamais d'attirer le regard de ceux qui font sagement la file le matin chez Une Gaufrette Saperlipopette. Non contente de relooker la deuxième boutique, située dans le Longdoz, et de mettre en place des capsules vidéo où elle explique du ton espiègle qui la caractérise l'histoire des émaux ou l'art de dresser une table à l'anglaise, Aurore a également décidé de donner un coup de fouet au quartier et de rendre au Coeur historique l'éclat qu'il mérite.

aurore morisse

Et pour ce faire, rien de tel que de s'inspirer de Maastricht et d'insuffler une nouvelle vie aux ruelles pavées par le biais d'une nocturne, qui aura lieu tous les jeudis dès la rentrée. De prime abord, sa fougue et sa jeunesse ont été accueillis avec perplexité par les commerçants du coeur historique, qui étaient fort peu nombreux à la première réunion organisée par Aurore sur le sujet. Avant d'être gagnés par son enthousiasme contagieux. En attendant le 13 septembre et le lancement des nocturnes et d'un nouveau souffle dans le quartier, Aurore ouvre le Grenier de Walesa tous les premiers dimanches du mois et embellit le Coeur historique de sa joie de vivre. En attendant la sortie officielle de son livre, et l'écriture du prochain chapitre d'une vie bien remplie.

Texte + Photos : Kath

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